RAPPORT DE GESTION du GROUPE BAYARD
Exercice 2010-2011
Contexte économique
• Le marché de la presse écrite. Après avoir subi le plus
important décrochage économique de son histoire récente, la
presse écrite en France réussit un rétablissement difficile en 2010.
Le chiffre d’affaires global de la presse écrite payante en 2010 est
en légère diminution par rapport à celui de l’année précédente
(- 1,1 %), mais ce recul est sans commune mesure avec celui
observé entre 2008 et 2009 [Source : étude DGMIC].
Sur la période juillet 2010-juin 2011, la diffusion des principaux
titres français de presse magazine se stabilise, tandis que la
presse quotidienne nationale enregistre une baisse globale de
l’ordre de 1 % [Source : OJD].
Pour l’ensemble de la presse écrite, c’est le chiffre d’affaires des
ventes par abonnements qui connaît une évolution légèrement
positive par rapport à l’année précédente.
La vente au numéro est, quant à elle, globalement en recul en
cumul depuis juillet 2010, de 7 % en volume et de 4 % en valeur
[Source : Presstalis], après sept années de baisses consécutives.
La reprise relative du marché publicitaire ne permet pas à la
presse dans son ensemble de retrouver son niveau de chiffre
d’affaires d’avant crise. La presse magazine enregistre une
croissance des volumes publicitaires de + 4,5 % sur la période
juillet 2010-juin 2011, tandis que la presse quotidienne nationale
affiche un repli de 1,1 % [Source : Kantar Media]. Après un
premier trimestre 2011 favorable, on observe toutefois un net
ralentissement sur le deuxième trimestre 2011.
Aux états-Unis, les tendances du premier semestre 2011 sont
défavorables : la diffusion des magazines a baissé de 1,4 %
et les ventes au numéro ont chuté de 9,2 % par rapport au 1er
semestre 2010 [Source : Audit Bureau of Circulations].
• Le marché du livre. En cumul depuis juillet 2010, le marché du
livre jeunesse en France recule de 3,0% en valeur.
Le marché est toujours porté par le commerce en ligne en
croissance de 10,5 %, alors que la librairie recule de 2,7 % et la
grande distribution de 8,6 % ; les grandes surfaces spécialisées
sont en baisse de 0,7 % [Source : GFK].
ACTIVITÉ DU GROUPE
Faits marquants de l’exercice
Doté d’un nouveau projet d’entreprise réaffirmant ses valeurs
et ses ambitions, avec des actions prioritaires et objectifs précis
à trois-cinq ans, le groupe poursuit son effort d’adaptation au
marché : fondamentaux de ses métiers, attentes des publics et
nouveaux usages.
La rénovation de l’offre éditoriale a été poursuivie en intégrant
à chaque fois que cela se justifie la dimension numérique
(éditorial et marketing/commercial) : ainsi, par exemple, de la
nouvelle formule bi-média de la Croix en France, des nouveautés
livre jeunesse ou adulte, d’une offre élargie de services aux seniors
aux Pays-Bas, de la nouvelle offre paroisse aux Etats-Unis…
Les expérimentations et tests, spécialement dans le domaine du
numérique, se sont multipliés.
Le programme de modernisation des outils a été poursuivi de
façon intense : systèmes rédactionnels, systèmes de gestion de la
relation clients notamment, et installation du socle technologique
nécessaire au déploiement des offres numériques.
Les coopérations entre les différents secteurs, entre les différents
métiers, entre la France et l'international, et avec des partenaires
ont été intensifiées. La rénovation de l’offre éditoriale jeunesse
en Allemagne à la rentrée 2011, l’unification de l’encadrement
régional des réseaux de vente ainsi que la création du label
BD Kids Bayard/Milan en sont une parfaite illustration.
L’organisation de la diffusion-distribution du livre du groupe
a profondément évolué, avec un changement de diffuseur des
Éditions Milan pour une nouvelle étape de développement d’un
plus large catalogue, et l’intégration de la Sofédis à la plateforme
de diffusion-distribution du groupe Gallimard, permettant
à Bayard de poursuivre le développement de ses ventes dans
l’ensemble des circuits traditionnels du livre et d’intégrer une
démarche numérique.
RÉSULTATS
Chiffre d’affaires consolidé
La comparaison des comptes entre les exercices 2009/2010 et
2010/2011 est impactée par la cession de la Sofédis. Un chiffre
d’affaires proforma 2009/2010 à change et périmètre constants a
été établi.
Le chiffre d’affaires consolidé de l’exercice 2010/2011 s’élève à
377,5 M€, contre 408,5 M€ en 2009/2010 et 386 M€ sur l’exercice
proforma 2009/2010. Il recule de 2,2 % à périmètre constant.
Le chiffre d’affaires des sociétés françaises s’élève à 314,1 M€
(83 % du total), et est en retrait de 1,7 % à données comparables.
Celui des sociétés étrangères, à 63,4 M€, recule de 4,6 %.
Le chiffre d’affaires de la diffusion presse, à 255,4 M€, est en retrait
de 2,5 % à données comparables, sous l’effet d’une poursuite du
recul de certains portefeuilles abonnés. En France, les ventes au
numéro sont toutefois en progrès pour les magazines Bayard
Jeunesse.
Les revenus publicitaires du groupe (9,8 % du chiffre d’affaires total)
sont stables, avec des résultats contrastés : la bonne performance
de la presse senior en France (+ 3,2 %) est masquée par des ventes
en recul pour le quotidien et la presse parentale.
Les ventes de livres sont en progrès de 1,8 %, grâce à des ventes
exceptionnelles de Bayard éditions (Lumière du Monde, Des
hommes et des dieux).
Résultats
La marge opérationnelle du groupe s’élève à 11,3 M€ sur l’exercice
2010/2011, contre 14,2 M€ sur l’exercice 2009/2010, et 10,9 M€
à périmètre constant (hors Sofédis).
Le résultat d’exploitation du groupe s’élève à 3,9 M€ contre 4,5 M€
sur l’exercice 2009/2010, et 1,1 M€ à données comparables.
Ce résultat inclut 5,6 M€ de coûts de restructuration, alors qu’ils
s’élevaient à 7,8 M€ en 2009/2010.
Le résultat financier s’établit à - 1,2 M€ contre + 0,6 M€ en 2009/2010,
l’essentiel de la variation s’expliquant par une dégradation du
résultat de change liée à la dévaluation des créances long terme
détenues par Bayard Presse Investissement en dollar sur ses filiales.
Le résultat exceptionnel s’établit à + 21,1 M€ contre - 1,4 M€ en
2009/2010. Il inclut notamment une plus-value liée à la cession,
en septembre 2010, de la Sofédis.
L’ensemble des dotations aux amortissements d’écarts d’acquisition
et d’actifs incorporels acquis s’élève à 4,7 M€ contre 6,8 M€ sur
l’exercice 2009 / 2010. Rappelons que deux actifs avaient été
dépréciés pour 2,1 M€ au 30 juin 2010.
Une charge nette d’impôt de 0,1 M€ a été enregistrée en
2010/2011.
Le résultat net du groupe s’élève à 21,0 M€ contre 3,9 M€ en
2009/2010.
Les capitaux propres part groupe atteignent 40,1 M€ contre 19,9 M€
à fin juin 2010.
Trésorerie et bilan
La trésorerie du groupe est structurellement excédentaire grâce aux
ressources importantes de fonds de roulement générées par les
abonnements.
Le risque de change lié aux actifs financiers en dollars canadiens et
dollars américains fait l’objet de couvertures fermes ou optionnelles.
La trésorerie nette des dettes financières s’élève à 29,2 M€ contre
22,2 M€ au 30 juin 2010.
Les dettes financières long terme ont diminué de 0,9 M€, passant de
24,3 M€ à 23,4 M€.
La trésorerie disponible s’élève à 52,6 M€ au 30 juin 2011 contre
46,5 M€ au 30 juin 2010.
La marge brute d’autofinancement s’établit à 3,3 M€ contre 12,8 M€
sur l’exercice 2009/2010.
Elle est impactée négativement par un décaissement de coûts
d’adaptation à hauteur de 7,8 M€, contre 2,0 M€ en 2009/2010. Hors
coûts d’adaptation et à périmètre constant, elle est stable.
La variation du besoin en fonds de roulement s’établit sur l’exercice
2010/2011 à - 2,4 M€.
La dette abonnés est passée de 86,3 M€ au 30 juin 2010 à 83,3 M€
au 30 juin 2011, la variation économique (hors variations de change
ou de périmètre) représentant - 2,5 M€.
La trésorerie liée aux opérations d’investissements et de cessions a
représenté un apport de 7,1 M€.
Les comptes courants des filiales intégrées proportionnellement ou
mises en équivalence ont représenté un encaissement net de 0,6 M€.
Le groupe a financé par crédit-bail les aménagements du site de
Montrouge pour un montant global de 6 M€ en 2008. Ce créditbail
fait l’objet d’un retraitement dans les comptes consolidés avec
la constatation d’immobilisations à l’actif pour une valeur nette de
4,2 M€ et d’un emprunt correspondant au passif pour 2,6 M€ au
30 juin 2011.
PERSPECTIVES
Evénements importants survenus
depuis la clôture de l’exercice
Aucun événement significatif n’est survenu depuis la clôture de
l’exercice.
Evolution prévisible et perspectives d’avenir
Dans la foulée de l’adoption de son nouveau Projet, le groupe
poursuit ses grands chantiers tant sur le plan éditorial que sur les
plans techniques et marketing/commercial.
Le budget 2011/2012 prévoit une reprise du chiffre d’affaires et
un effort de réinvestissement commercial qui portera ses fruits
principaux en 2012/2013 et devrait contribuer à renforcer la
visibilité des marques phares.
Le résultat est attendu au moins à l’équilibre, dans un contexte de
coûts externes en augmentation significative pour la deuxième
année consécutive.
La trésorerie nette serait en progrès par rapport au 30 juin 2011,
avec une marge brute d’autofinancement en nette amélioration.
La poursuite de l’intégration numérique, la modernisation des
outils et des process, et l’évolution des organisations pour une
coopération toujours plus créatrice de valeur pour les publics,
l’entreprise, ses collaborateurs et ses différents cercles de
contributeurs/créateurs demeurent des objectifs prioritaires.